Loïg Chesnais-Girard a ouvert la session du 23 juin 2017.

Mes chers collègues,

Il ne s’est passé qu’une nuit depuis notre dernière réunion, extraordinaire, celle d’hier, mais près de 4 mois depuis notre session de février, et le vote de notre budget primitif.

Session courte que celle de ce deuxième jour de l’été, mais dense par le nombre et l’intérêt des dossiers dont nous aurons à débattre.

Session dans un contexte particulier déjà évoqué hier dans mon propos d’installation. En effet, en un trimestre, quelques événements et bouleversements sont intervenus semblant accélérer l’histoire.

Je pense naturellement aux recompositions politiques, je crois qu’elles nous invitent tous à un exercice de grande modestie face à l’expression de nos concitoyens. Prenons le temps de bien l’analyser et de bien y répondre car ce message, s’il est complexe et parfois paradoxal.

Mais dans ce bouleversement intervenu en quelques semaines, le plus inattendu est ce que je pourrai appeler un « moment français ». Je ne cherche pas ici à l’expliquer, ni à le qualifier, juste à le constater comme une réalité vécue.

Et il se trouve que ce renouveau dans l’état d’esprit de nos compatriotes est concomitant avec la confirmation, du retournement espéré depuis si longtemps de nombre d’indicateurs économiques : croissance qui se consolide, moral des entrepreneurs et des consommateurs plus haut que jamais, prévisions d’investissements et jusqu’aux chiffres de l’emploi. 5 ans d’efforts et de choix auront enfin porté leurs fruits, certainement trop tardivement.

Réjouissons-nous d’observer que le chômage en Bretagne est en baisse de 3,6 % sur l’année, que l’emploi salarié est en croissance de 1,4 %. Aujourd’hui nous ne perdons plus d’emplois industriels.

Ce « moment français » que j’évoque, cette fenêtre d’espoir n’appartient à personne ou plutôt, elle appartient à tous et je vous propose le pari que cette fenêtre d’espoir et de confiance puisse être en Bretagne une opportunité à saisir pour accélérer nos nécessaires réformes, nos indispensables transitions, pour consolider notre cohésion sociale, accélérer le retour de la croissance et l’esprit de conquête.

Je dis pari, parce que cet optimisme nouveau est fragile et que la réussite n’est pas assurée. Mais a l’inverse, quelle responsabilité prendrions-nous en ne répondant pas à cette aspiration de nos concitoyens à croire en un avenir meilleur, à tenter la carte de l’optimisme après avoir si longtemps cultivé une forme de défaitisme dont nous avons tant souffert.

C’est mon état d’esprit, c’est celui de la majorité régionale, c’est celui de notre institution depuis toujours, c’est l’ADN de la Bretagne et de tous ses habitants.

A cette histoire, à cette accélération de l’histoire, nous voulons prendre notre pleine place et c’est ce que nous faisons avec détermination.

L’accélération, en Bretagne n’est pas que symbolique, elle est une réalité concrète avec la mise en service dans quelques jours de la LGV. Que chacun regarde ses billets de train du début juillet, il y verra la matérialisation d’un changement d’époque, le fruit de 20 ans de combat. Nous nous habituerons vite à ce gain de temps, mais ses répercussions, elles, n’ont pas fini de se faire sentir sur tous les champs de notre vie et de nos activités.

La session de ce jour permettra d’y revenir avec G. Lahellec pour montrer comment le Conseil régional a anticipé avec la mise en œuvre de la nouvelle offre de transport intégrée TGV/TER que l’on appelle Bretagne à grande vitesse.

Nos nouvelles compétences en matière de transport seront un moyen de plus pour travailler concrètement sur ces nouvelles mobilités. Nous serons prêts à la rentrée pour inaugurer ce nouveau réseau, nous avions donc à lui trouver un nom, c’est désormais chose faite après un travail mené sous la direction de Gérard Lahellec, notre réseau de transport régional s’appellera BreizhGo.

Pour beaucoup d’entre vous, ce nom n’est pas inconnu. C’est aujourd’hui un service que nous partageons avec d’autres opérateurs de transports et qui permet d’accéder aux différents horaires et itinéraires des transports publics bretons.

Nous avons choisi ce nom car il symbolise à la fois l’idée d’aller de l’avant, de la vitesse avec Go et l’idée de l’aménagement du territoire et de la Bretagne avec Breizh. Dès les prochaines semaines, les premiers matériels de transports seront habillés de cette marque.

Nouvelles mobilité, c’est ce dont nous avons débattu ensemble, le 23 mai dernier à Brest, lors d’un forum qui a rassemblé tous les acteurs du sujet, réunis dans le cadre de l’élaboration du SRADDET et de la COP régionale. Cette réunion a permis de partager la préoccupation de prendre en compte les nouveaux usages, les nouveaux enjeux de mobilité. Le chantier est immense et très transversal tant il est lié aux transitions énergétiques et environnementales ou à la révolution numérique.

Dans le même esprit que le 23 à Brest, le 9 mars, puis le 15 mai dernier, avec Thierry Burlot et avec Laurence Fortin se sont réunis à Saint Malo puis à Saint Brieuc les carrefours des transitions et des territoires qui ont permis de converger avec de très nombreux partenaires sur les grands défis de demain. Nous avons noté une réelle attente de nos partenaires pour cet exercice de planification pourvu qu’il permette de renouveler nos façons de voir l’avenir et de proposer des pistes transformantes.

L’enjeu ? L’accélération des grandes transitions écologiques et le renouveau de notre équilibre territorial.

A cet égard, si nous réfléchissons à l’avenir, nous agissons ici et maintenant puisqu’a été lancé notre appel à projet pour le dynamisme des bourgs et des villes en Bretagne qui suscite, je crois, un très grand intérêt.

Accélération encore en matière de développement économique avec nos engagements tenus sur l’élaboration des conventions avec les EPCI de Bretagne. Une dizaine de ces contrats ont d’ores et déjà été approuvés en commission permanente, nombre de nouveaux sont en préparation.

Ce constat de la reconnaissance confortée de la Région, nous devons le faire aussi sur le champ de la formation et de l’orientation, dont témoigne la présentation ce jour, par Georgette Bréard, du CPRDFOP. Nous lui trouverons un nom à la hauteur de son importance mais qu’il me soit permis ici de souligner la qualité de ce document, fruit d’un réel quadripartisme avec l’Etat et les partenaires sociaux, dans lequel la Région a joué toute sa place d’impulsion, de médiateur, d’ensemblier.

Vous le voyez, notre session permettra de débattre de rapports importants dans les trois grands domaines que sont le développement économique, le développement des formations et de l’orientation et l’aménagement du territoire, recouvrant l’environnement et les mobilités. Trois grands blocs de compétence, nous sommes bien là dans cette « nouvelle région », plus cohérente, mieux visible dans son action.

Une Région mieux identifiée dans ses compétences c’est le début de notre travail sur la démocratie régionale que je relie bien entendu au dossier que je présenterai sur la présence de nouveaux sites du Conseil régional en Bretagne.

Je ne vais pas évoquer l’ensemble des sujets, nous aurons l’occasion de le faire tout a l’heure mais juste vous dire que le fil conducteur des autres bordereaux concernant les parcs régionaux, le PRSE, le Mont Saint Michel, le futur lycée est celui de la réaffirmation du fait régional et sa lisibilité.

Je ne saurai terminer ce propos introductif sans souligner aussi que cette session a un ordre du jour budgétaire puisque juin est traditionnellement le moment du rendu compte. Comme chaque année nous le faisons par le biais du compte administratif réglementaire, qui témoigne de notre bonne gestion, et je note l’avis très positif du CESER sur le sujet, mais nous le faisons surtout par la publication de notre rapport de développement durable, le rapport égalité femmes-hommes, ce sont des exercices de transparence et de pédagogie pour lequel je veux remercier les services du Conseil régional.

Je vous remercie.

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