Georgette Bréard est intervenue dans le cadre du débat de politique générale.

Monsieur le Président,

mesdames et messieurs les conseillers régionaux,

Permettez-moi, pour débuter cette intervention, après la minute de silence que nous avons tenue hier, d’avoir une nouvelle pensée pour notre collègue Corinne Erhel, partie trop vite, trop tôt, si brutalement, et qui manquera douloureusement à cette Assemblée régionale. Femme d’engagement, de conviction, son rayonnement allait au-delà de son territoire. Sur ces bancs, ceux de l’Assemblée Nationale, elle n’a cessé – jusqu’à ses derniers instants – de défendre ses valeurs. Je tenais à lui rendre cet hommage, au nom du groupe, à l’occasion de cette ouverture de session. C’est aussi l’occasion – même si je sais que ce n’est pas facile de nous rejoindre dans ces conditions – d’accueillir Fanny Chappé qui, j’en suis sûre, saura parfaitement remplir ses nouvelles missions de Conseillère régionale et représenter la Région. Son expérience d’élue municipale, ses qualités, ses convictions, ses engagements l’y ont préparée. Bienvenue Fanny !

Cette session intervient après une séquence électorale qui a profondément fait évoluer le paysage politique français, avec l’élection du nouveau président de la République et le renouvellement de l’Assemblée nationale. Je tiens d’ailleurs ici à adresser mes salutations républicaines à l’ensemble des députés membres de cette assemblée qui viennent d’être élus.

Alors socialistes cocus, en marge de la marche, républicains constructifs ou déconstructeurs, patriotes ou super patriotes… Tous les partis sont impactés, pas l’un plus que l’autre Monsieur Le Fur… et je ne me réjouis pas de constater ce champ de mine.

Ces changements impacteront dans une certaine mesure l’institution régionale – eu égard aux réformes qui pourront être engagées durant le quinquennat à venir, mais – j’y reviendrai – ils ne modifient pas le contrat que nous avons passé avec les Bretonnes et les Bretons en décembre 2015 et le projet que nous avons porté et dont nous poursuivons, sans relâche, la feuille de route.

Avant d’évoquer cette feuille de route et de rentrer plus avant dans les dossiers de cette session, je voudrais tout de même souligner une évolution majeure et un moment historique pour notre institution : je veux bien sûr parler du changement de présidence au Conseil régional. Je tiens ainsi à saluer le travail colossal qu’à mené Jean-Yves
Le Drian durant toutes ces années, à saluer
la détermination et la vision qu’il a portée et incarnée pour la Bretagne, et la fierté qui a été celle des élus qui l’ont accompagné dès 2004 et plus récemment durant le mandat précédent et celui en cours. Sa capacité à conduire un collectif, (en faisant confiance, en attribuant une grande autonomie aux vice-présidents dans l’exercice de leur délégation), sa capacité à rassembler, au-delà des clivages – en particulier lorsqu’il s’est agit d’unir les forces sur les grands dossiers d’avenir pour notre Région – ont permis sans aucun doute à la Bretagne de réussir son entrée dans le 21ème siècle. (Alors c’est vrai qu’après cet hommage, j’ai du mal à imaginer Jean-Yves Le Drian en belle-mère !)

Je tiens donc à le redire devant cette assemblée, au nom du groupe socialiste et apparenté.e.s et au nom des Bretonnes et des Bretons : Merci Jean-Yves (et pardon pour cette familiarité).

Mais ce départ – même si Jean-Yves Le Drian reste conseiller régional et membre de notre groupe – ce départ est aussi synonyme à la fois d’un nouveau commencement et à la fois de la poursuite de l’action engagée. En effet, puisque je n’ai pas eu l’occasion de le faire officiellement, au nom du groupe, hier, je tiens ici à féliciter Loïg Chesnais-Girard, le nouveau président du Conseil régional, et je veux bien évidemment l’assurer de toute notre confiance et de tout notre soutien pour continuer à faire réussir, ensemble, la Bretagne. : la Bretagne de la confiance, de la justice sociale. Votre élection à l’unanimité des élu-e-s des groupes de la majorité de gauche était une évidence. C’est une majorité constructive qui investit dans l’avenir, vigilante qui protège les Breton-e-s, qui vous accompagne. Cette unanimité est désormais une force pour vous. Le « Pack breton » est derrière vous Monsieur Le Président, soyez-en assuré.

Ce passage de relais se fait d’autant plus naturellement que Loïg Chesnais-Girard assurait depuis le début du mandat, avec talent, la première vice-présidence de la Région, et qu’il connaît donc parfaitement tous les dossiers que nous aurons à porter ensemble, avec l’exécutif régional, dans les années qui viennent. Et ce passage de relais est assuré en toute cohérence de l’action menée puisque notre feuille de route est connue, elle est celle – je le disais en introduction -, qui nous unit avec les Bretonnes et les Bretons depuis 2015 à travers le projet sur lequel nous avons été élus. L’ambition que nous portions et que nous continuons de porter pour la Bretagne et les valeurs partagées qui sous tendaient ce projet restent intacts.

Au premier rang de celles-ci, je pense à la solidarité bretonne, entre ses habitants, entre ses territoires, ses collectivités, je pense aussi à la force de son unité, au sens du collectif, lorsqu’il s’agit de se rassembler pour faire face aux difficultés, je pense aux libertés, d’entreprendre, de créer, de se former, dans les domaines économique, culturel, artistique, sportif… et hier vous avez développé ce point comme un élément majeur de votre engagement. Je pense à cette Bretagne de la diversité culturelle, à cette Bretagne composite, à cette Bretagne à la fois terre d’accueil et d’ouverture au monde… Bref, c’est cette vision de la Bretagne que nous portons et qui a été partagée, en décembre 2015, par la majorité des Bretonnes et des Bretons.

Aujourd’hui, nous poursuivons nos engagements sur les dossiers qui nous réunissent, et tout d’abord, nous pouvons mesurer que ces engagements sont tenus :

  • une nouvelle fois, à travers les différents rapports qui nous sont présentés, nous apprécions, sur la base d’indicateurs clairs, l’efficacité démontrée de l’action de la Région : à travers le Rapport d’Activité et de Développement Durable, nous confirmons le souci à la fois de transparence et d’évaluation de l’action publique régionale, des politiques que nous menons, par programme, mais également des politiques, plus transversales, menées en matière d’égalité femmes-hommes – n’en déplaise à certains, et du bilan social de l’institution et de ses émissions de gaz à effet de serre. A travers un seul et même document – certes dense et peut-être insuffisamment diffusé comme le suggère le CESER – nous tenons plusieurs engagements : d’abord celui d’une approche intégrée de l’égalité des droits dans nos politiques, celui du maintien des objectifs de développement durable, au service de la transition écologique, et enfin nous contribuons à développer une culture de l’évaluation, à la fois sectorielle et transversale, base d’une appropriation citoyenne des politiques publiques. Dans une période ou l’exemplarité et le souci de l’information et de la participation citoyenne sont en débat, nous montrons le chemin.

  • C’est aussi le besoin de proximité, au contact des acteurs, de la population pour mieux la servir, de visibilité de la Région, d’efficience de l’action publique qui conduit à engager la territorialisation de l’administration régionale. Le transfert des nouvelles compétences, le rôle de plus en plus central de la Région sur un grand nombre de politiques publiques, appellent à la fois un besoin d’expertise territoriale et de coordination de l’action au plus près des territoires. La décentralisation de certains services opérationnels pour se rapprocher des partenaires et des bénéficiaires de nos politiques publiques est en soi une révolution dans la conception de l’action régionale, que ce soit sur le développement économique, en lien avec les intercommunalités, sur les lycées, sur la formation, sur les transports, sur la gestion des ports… Cela ne peut que renforcer le rôle pivot de la Région et traduire, en actes, la démocratie de proximité que nous appelions de nos vœux en décembre 2015.

  • Engagements tenus et poursuite de l’action également avec la mise en service – dans les délais impartis – de la LGV : ça y est, nous, y sommes, la Bretagne à Grande Vitesse devient réalité, sous nos yeux, puisque dans une semaine les nouveaux horaires seront mis en application. C’est l’aboutissement d’années de travail, de concertation, de volontarisme politique : celui de Jean-Yves
    Le Drian, de Gérard Lahellec, de leurs prédécesseurs et de l’ensemble des partenaires. Cependant, ce n’est pas une fin, bien au contraire, de nombreux enjeux se posent quant à l’offre ferroviaire et l’offre de transport de manière générale en Bretagne, pour l’entretien et la rénovation du réseau, pour ajuster au mieux le transport scolaire notamment… Nous continuerons à être attentifs, dans les mois à venir, sur ces enjeux des mobilités en Bretagne, fidèles à notre méthode de concertation, d’écoute mais aussi de défense de l’intérêt général ;

  • avec le CPRDFOP 2017-2022, qui traduit notre ambition partagée de construire, pour les Bretonnes et les Bretons, pour leurs entreprises et l’ensemble des acteurs du monde économique, avec les acteurs de la formation, dans le dialogue social… un véritable levier – à travers la formation et l’orientation – pour l’épanouissement individuel et collectif que constitue l’accès à la formation tout au long de la vie, pour le développement des compétences, pour répondre aux besoins de la Bretagne de demain. Avec l’affichage de «  la primauté de la personne » comme valeur centrale. Nous réaffirmons à nouveau à travers ce dossier – comme à travers l’annonce du chantier d’un nouveau lycée public en Bretagne – la volonté de la Région de placer parmi ses priorités l’enjeu de la qualification et de la transmission des savoirs pour l’avenir des Bretonnes et des Bretons ;

  • nous poursuivons notre rôle d’animation et de mise en réseau, y compris sur des domaines d’action qui ne nous sont pas propres : je pense ici à la santé avec le point d’étape sur les réflexions du groupe de travail sur la démographie médicale ou le plan régional Santé Environnement, qui s’inscrivent tous deux dans une réflexion transversale sur les enjeux très larges que recouvrent la santé : l’aménagement et l’équilibre entre les territoires et l’offre de soin dans certaines zones touchées par la désertification des professionnels de santé. Nous déclinons là encore, notre vision de l’intérêt général, de la défense des services publics au sens large en intervenant sur un des piliers de la cohésion et du bien-être individuel et collectif qu’est la santé, qui doit être accessible pour tous, notamment pour les plus fragiles, ancrée dans les territoires….une politique de santé volontariste pour lutter contre les inégalités ;

  • Nous poursuivons aussi nos engagements pour faire de la Bretagne une région à la fois attractive sur le plan touristique, en témoigne le rapport du Comité Régional du Tourisme, en témoigne également l’ambition partagée de passer à une nouvelle étape dans la gestion collective du Mont Saint-Michel, aux côtés de l’Etat et de la grande diversité des acteurs sur ce site emblématique que nous partageons avec la Normandie, une Région attractive donc, et qui sait aussi attirer tout en préservant ses ressources, ses paysages, son patrimoine naturel, comme nous le verrons avec le renouvellement des engagements dans nos parcs naturels régionaux.

  • Et puis, à travers les consultations publiques et concertations engagées dans la perspective des négociations européennes sur la Politique Agricole Commune et les Fonds de cohésion pour la prochaine programmation, qui sera mise en œuvre après 2020, nous réaffirmons les principes fondateurs du pacte breton et l’ambition européenne de la Bretagne.

Tout d’abord, nous redisons l’attachement très fort qui unit la Bretagne à l’ensemble de l’Europe, la volonté farouche de défendre le projet européen au service de ses territoires, de ses agriculteurs, de ses pêcheurs… et de contribuer de manière positive au fonctionnement des institutions européennes, à leur relance, dans un contexte d’après Brexit qui peut à la fois fragiliser l’Union et en même temps offrir l’opportunité de reposer les bases d’un projet mieux partagé, plus solidaire, plus protecteur.

En lançant ces consultations auprès des acteurs concernés, mais plus largement de l’ensemble des Bretons, nous affirmons notre ambition démocratique et cette volonté d’informer et de faire partager notre ambition européenne, dans un moment de la construction où le lien est à reconstruire avec beaucoup de nos compatriotes.

Surtout, nous rentrons dans le temps de la négociation européenne avec ce souci d’anticiper et de se projeter dans l’avenir et de redire et faire savoir que la Bretagne est aux avant-postes pour promouvoir sa vision de l’Europe.

Enfin, à travers ces deux piliers de la politique européenne, essentiels pour la Bretagne, que sont la PAC et les Fonds de cohésion, nous réaffirmons notre détermination à défendre et conforter la vocation agricole de la Bretagne tout en défendant notre modèle, largement appuyé sur des exploitations moyennes, qui conservent leur caractère familial, et en reconnaissant à la fois la diversité des visages de l’agriculture bretonne et le maintien d’un tissus agroalimentaire qui contribue, pour une grande part, au développement économique de nos territoires… (C’est aussi le sens de la contribution au Schéma Directeur Régional des Exploitations Agricoles que nous évoquerons durant cette session).

Et nous réaffirmons notre volonté de maintenir la politique de cohésion européenne post 2020 qui doit continuer à irriguer les projets de territoire, accompagner la transition écologique, soutenir la recherche et l’innovation… : la Bretagne a besoin d’Europe, l’Europe a besoin de la Bretagne et je ne doute pas que nous saurons, avec le soutien du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, faire entendre la voix de la Bretagne au service de la France et du projet européen. Nous comptons sur notre ancien Président, Ministre de l’Europe pour porter celle-ci vers le haut, en construisant l’Europe de la Défense, bien sûr, elle lui est chère, mais aussi l’Europe sociale pour lutter contre le dumping social. J’ai la forte conviction que c’est la seule voie à suivre pour lutter contre les extrémismes.

Voilà rapidement brossés les grands dossiers de cette session, dans lesquels nous retrouvons, je le redis, les valeurs et l’ambition qui ont nourri le projet pour la Bretagne porté en 2015 et qui continue de guider notre feuille de route. Aujourd’hui, tous les grands dossiers qui avaient été annoncés sont lançés, après 1 an et demi de mandature. Les engagements sont tenus, les élus et les services de la Région sont au travail pour les Bretonnes et les Bretons et nous continuons, plus que jamais, à accompagner et mettre en valeur la force collective et la capacité créatrice de la Bretagne.

Je vous remercie.

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