Le matin du 24 juin 2016, l’Union européenne apprenait le résultat du vote du Royaume-Uni : 51,9 % des élécteur.trice.s britanniques avaient voté en faveur du Brexit.

Ce 29 juin 2017, le Conseil Economique, Social, et Environnemental Régional (CESER) de Bretagne organisait un forum intitulé « Et après ? Les enjeux du Brexit pour la Bretagne », titre du rapport qu’il a établi, en décembre 2016, suite à sa saisine par Jean-Yves Le Drian, alors Président de la Région Bretagne.

Des implications dans tous les domaines

Le CESER s’est ainsi penché sur les conséquences systémiques et sectorielles du Brexit pour la Bretagne. Parmi ces conséquences, la dépréciation de la livre sterling – entre moins 10 % et moins 18 % par rapport à l’euro depuis juin 2016 – est une préoccupation pour les différent.e.s acteur.trice.s breton.ne.s, en ce sens que cette dépréciation peut être le vecteur d’une moindre consommation des Britanniques, notamment dans le secteur du tourisme, ou encore d’une perte de compétitivité des entreprises bretonnes à l’export.

Une autre crainte que fait peser le Brexit sur l’économie bretonne consiste en ce que 3 700 emplois bretons sont directement concernés, notamment dans le secteur de la pêche et du tourisme.

Le secteur agricole et de l’agroalimentaire est lui aussi impacté par le Brexit puisque le Royaume-Uni est le cinquième client de la Bretagne et que 8 % des exportations agroalimentaires bretonnes sont destinées au Royaume-Uni.

Anne Gallo, vice-présidente chargée du tourisme, du patrimoine et des voies navigables du Conseil régional de Bretagne est intervenue pour expliquer les enjeux du Brexit sur le tourisme en Bretagne.

Après avoir rappelé que le Brexit est survenu dans un contexte déjà difficile pour le secteur du tourisme en France, en particulier en raison des attentats ; Anne Gallo a expliqué que les Britanniques constituent la première clientèle étrangère en Bretagne qu’il s’agisse de l’hôtellerie classique ou de l’hôtellerie de plein air.

Le Conseil régional de Bretagne s’est donc légitimement inquiété de l’impact du Brexit sur l’hôtellerie, la restauration, mais aussi sur le secteur des transports. Ainsi, la compagnie Brittany Ferries a subi une diminution de 7 % du trafic transmanche, bien que la Bretagne soit moins impactée que la Normandie. Anne Gallo a donc soulevé un autre point qui pourrait s’avérer sensible à moyen terme pour le secteur du tourisme en Bretagne : la question de la libre circulation des personnes qui sera traitée lors des négociations.

L’Europe, horizon de la Bretagne

Forough Salami-Dadkhah, vice-présidente chargée de l’Europe et de l’International, s’est exprimée sur le thème de « La Bretagne et l’avenir de l’Union européenne » en précisant que les négociations qui viennent de débuter sont un moment crucial pour les Etats membres qui doivent faire leur choix pour dessiner l’Europe de demain. Pour Forough Salami-Dadkhah, les questions de la PAC et de la politique de cohésion sont au cœur de ce choix.

Forough Salami-Dadkhah a donc insisté sur le rôle que la Bretagne doit jouer en Europe : « Au Conseil régional de Bretagne, nous avons une conviction, c’est que l’Europe reste notre horizon. Nous souhaitons aussi mobiliser les citoyen.ne.s ». Aussi, la Région Bretagne débutera, en septembre 2017, une concertation auprès des Breton.ne.s sur la politique de cohésion avec pour dessein de disposer d’un « mandat breton » pour engager des discussions auprès des institutions européennes.

De plus, la Bretagne a été choisie comme cheffe de file parmi les régions membres de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes (CRPM) pour travailler sur le thème de la démocratie, sujet au cœur de la politique de cohésion.

La Bretagne a donc une formidable carte à jouer pour participer à l’Europe de demain. Jean Hamon, Président du CESER, a donc conclu ce forum en citant Winston Churchill : « Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne vous prenne par la gorge ».

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